Le danois Arie Andries Kruithof publie en 1941 ses diagrammes, qui relient l’éclairement (en lux) et la température de couleur (en kelvins). Cela indique quelles combinaisons sont perçues comme agréables ou désagréables par l’être humain. Les concepteurs lumière choisissent une ambiance lumineuse cohérente selon l’usage d’un espace comme une lumière chaude à faible éclairement pour une atmosphère intime, ou une lumière plus froide et intense pour des environnements de travail.
Le diagramme distingue généralement une zone dite « confort » entourée de zones jugées peu naturelles ou inconfortables.
Dans la pratique, les diagramme de Kruithof a longtemps été utilisé comme guide empirique en architecture, en design d’intérieur et en éclairage urbain. Il permettait de justifier des choix de température de couleur en fonction du niveau d’éclairement attendu, à une époque où les sources lumineuses étaient essentiellement des lampes à incandescence ou fluorescentes. Encore aujourd’hui, on le retrouve dans de nombreux manuels et cours, même s’il est rarement appliqué de manière stricte : les professionnels l’emploient plutôt comme une intuition générale que comme une règle de conception.
Cependant, ce modèle pose de nombreux problèmes parce que défini en 1941. Les données expérimentales de Kruithof n’ont jamais été publiées de façon détaillée, ce qui rend le diagramme difficilement vérifiable scientifiquement.
De plus, il a été élaboré avec un nombre limité de sources lumineuses et sans tenir compte de facteurs aujourd’hui reconnus comme essentiels, tels que le rendu des couleurs (CRI), le spectre réel des sources LED modernes, l’adaptation visuelle ou encore les différences culturelles.
Ce diagramme de Kruithof est désormais largement critiqué et considéré comme simplificateur, voire trompeur, s’il est utilisé comme un modèle universel dans le contexte de l’éclairage contemporain.